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11 Décembre


Ce cadeau vous est offert par Vanessa Terral.


Les Dindes aussi ont des ailes




Petite fanfic OS qui se déroule durant la saison 12 de la série Supernatural (couple : Dean et Castiel). Conseillée aux plus de 12 ans.


Attention,spoilers !

(Mais si vous avez vu le dernier épisode de la saison 11, c’est à peu près bon.)


Si vous ne connaissez pas la série, j’ai essayé de tourner ça de façon à ce que vous puissiez apprécier quand même (en espérant que ce soit le cas !). Enjoy it !




***



Dean était seul dans la cuisine avec une dinde. L’homme appréciait l’ironie de la chose. Beau mec, dans le genre juste assez méchant pour donner le frisson, plutôt athlétique, cheveux châtains en brosse et l’air sûr de lui, il n’avait aucun mal à trouver des filles pour réchauffer son lit. Sauf que ces dernières semaines avaient été assez occupées entre la traque de Lucifer, la résurrection de leur mère… Sam et lui n’avaient pas chômé, et si parcourir les différents États en compagnie de son frère pour chasser les démons, fantômes et autres goules étaient de chouettes moments passés en famille, tout ça manquait de sexe. Alors bon, cette dinde, il la regardait avec suspicion. À dire vrai, il commençait même à se demander si son frérot adoré ne la lui avait pas refourguée exprès, histoire de le vanner.


Sans avoir encore touché à l’animal, il reposa le couteau et jeta un coup d’œil – peut-être le vingtième – sur le site de cuisine qui expliquait une préparation « simple et à la portée de tout le monde ». Mais il fallait se rendre à l’évidence, Dean Winchester n’était pas n’importe qui.

— Bordel !Mais on ne pouvait pas l’acheter toute prête, la bestiole ?

Il relut les premières lignes.

— Bon,au moins, Sammy a pensé à demander à ce qu’elle soit vidée. Alors, préparer la farce… Avec toutes les potions qu’on a bidouillées, ça ne devrait pas être sorcier.

Il mit le pain de mie à tremper dans le lait et lança les échalotes avec une lichée de beurre dans la poêle. Il ne se prenait pas la tête avec la nourriture, d’habitude : plus c’était gras et protéiné, mieux c’était, et l’enrobage importait peu. Sauf que là, ils allaient fêter leur tout premier Noël en famille depuis que Dieu avait fait réapparaître Mary, leur mère, pour les remercier d’un coup de main. Sam n’était encore qu’un bébé quand elle avait été tuée. Déjà qu’ils avaient loupé Thanksgiving, ils ne pouvaient pas passer à côté de Noël ! Ça leur ferait vraiment du bien, à tous les trois. Enfin, quatre…


Il cassa les œufs dans le saladier – le dernier ingrédient de la farce – et touilla énergiquement. Ses pensées voletèrent jusqu’à l’ange qui squattait leur salon. Au départ, il n’était pas chaud pour l’avoir avec eux : il voulait tellement fêter ça en famille, que leur mère se sente chez elle, bien avec eux. Qu’elle ait enfin l’impression de retrouver ses garçons. Puis Mary elle-même avait demandé si Castiel viendrait. Dean soupira. Il était vrai qu’avec tout ce qu’ils avaient vécu ensemble, Sammy, lui et l’emplumé, ce dernier faisait figure de… de quoi exactement ? De cousin ? De frère ? Il secoua la tête. Non, imaginer un lien fraternel avec Castiel était… dérangeant. Même si c’était ce qui lui semblait le plus proche de la vérité.

— Rha, et merde !

Il balança la cuillère en bois dans l’évier. Tout ça l’énervait. Il revint devant la dinde et posa ses deux mains sur le plan de travail, de part et d’autre de la bête. Un rire lui parvint de la pièce d’à côté. Sam étant parti faire les dernières courses, ça devait bel et bien être l’ange qui amusait ainsi sa mère. Il lui en était reconnaissant. Comment aurait-il pu imaginer, la première fois qu’il avait vu cet emplumé… Un vrai coup de foudre, avec les rafales de vent qui soulevaient le toit de la grange et les ampoules qui explosaient en gerbes d’étincelles ! Il jouait au pouilleux, dans son trench-coat, mais le saligaud soignait ses entrées. Et aujourd’hui, l’ange du seigneur, un des meilleurs guerriers qu’aient connu les Cieux, arrangeait les guirlandes sur le sapin Winchester.

Le chasseur n’avait jamais trop compris ce qu’il trouvait à leur compagnie. Il mit les mains dans le saladier et acheva de pétrir la farce directement à la poigne. Finalement, il ne se posait plus la question, tant cette présence à ses côtés était devenue naturelle. Se tourner vers lui lors de leurs missions en voiture, discerner dans une semi-obscurité sa mâchoire carrée, sa barbe de trois jours et ses cernes qui, étrangement, soulignaient ses yeux bleus. Son regard avait quelque chose d’intense, comme s’il perçait l’enveloppe charnelle pour scruter votre âme. Ça lui foutait un frisson à chaque fois qu’il l’observait de cette façon. Si son camarade de chasse avait appliqué ça plus souvent avec les filles, il aurait fait un sérieux concurrent ! Heureusement, il s’y prenait comme une tanche avec les nanas. Pareil pour ses lèvres : plutôt pâles, elles avaient pour elles l’apparence de la douceur. Elles devaient caresser la peau comme un duvet, légères et attentives – c’était bien son style, ça. Ils avaient peut-être un baume spécial au Paradis, histoire de lustrer la bouche qui répandait la parole divine ? L’homme ricana. D’habitude, quand il parlait d’astiquer, c’était plutôt…

Dean s’arrêta net.

Horrifié.

L’image de Castiel le prenant entre ses lèvres venait d’envahir en gros plan son écran mental.

Mais ce n’était rien, rien, par rapport au début de trique quiappuyait sur la planche de la table. Il était vraiment en train de se taper une érection en se visualisant avec l’ange entre ses jambes ?

Effaré, son regard glissa vers la bouteille de cognac. Il n’aurait peut-être pas dû en boire deux verres pour s’encourager. Et si l’alcool avait tourné ?

Une voix basse et calme le fit sursauter.

— T’as besoin d’aide ?

— Castiel ! Non !

L’ange se tenait dans l’encadrement de la porte. Il haussa un sourcil.

— Non, reprit le cuistot sur un ton plus maîtrisé. Ça va, je m’en sors. Retourne voir Mary.

Mais l’emplumé ne l’écouta pas. Il le rejoignit en quelques enjambées.

— Tu es certain ? Tu m’as l’air embarrassé.

— Non, mais ça va… Là, c’est bon : j’ai fini ce… cette boule de pâté ; le four est en train de chauffer.

Le chasseur se recentra sur un sujet bien terre-à-terre : la bestiole à cuisiner. Un volatile – tout autant que le gars à sa droite. L’idée le fit sourire, soulagé de voir ses pensées s’éloigner d’un terrain glissant. C’était sans compter l’à-propos de l’envoyé des Cieux.

— Tu veux que je t’aide à fourrer la dinde ?

Dean en avala sa salive de travers. Une quinte de toux le plia en deux, tandis qu’il se tapait une gaule de tous les diables. Castiel, prévenant, voulut lui tapoter le dos, mais le chasseur s’enfuit à petits pas coincés. Au moins, son visage aussi rouge que le bonnet du Père Noël aurait une explication toute trouvée.

L’ange remplit un verre au robinet et le lui tendit. L’homme le vida, prenant bien soin de tourner le dos au responsable de ses malheurs. Respectant son choix, son ami pivota aussi, lui laissant un peu d’intimité. Ses yeux se posèrent sur la volaille.

— J’ai lu quelque part qu’il fallait la masser du plat de la main. Ça la prépare mieux à se faire enfourner.

À sa gauche, la crise pulmonaire repartit de plus belle.

Une nouveauté s’invita au programme : les insultes de Dean qui pestait contre Castiel, les dindes, son zob – là, l’ange ne comprit pas trop – et cette « bordel d’eau de mes deux » qui lui remontait par les narines.

— Sors de cette putain de cuisine, Cass !

— Ok. Si tu as besoin de moi…

— Dégage !

L’ange ne se fit pas prier.

Sur le palier, il s’arrêta un instant pour vérifier que son ami ne mourait pas noyé dans un verre. Dean se tenait face à la table – et donc, à la porte aussi –, les deux mains posées à plat. Le corps basculé en arrière, la tête renversée et les paupières closes, il prenait de grandes inspirations pour se calmer. Castiel observa l’homme qu’il avait ramené de l’Enfer. Malgré ses morts, la marque de Caïn, tout ce qu’ils avaient vécu, aujourd’hui, il semblait aller bien. Un élan de tendresse le surprit. Les émotions humaines continuaient à se développer en lui, un peu plus à chaque saison. Son regard s’attarda sur les épaules larges, la gorge offerte et le torse tendu… Pas que le torse, d’ailleurs.

Il détourna les yeux. Peut-être qu’il n’était pas encore bien dégourdi avec les tabous humains, mais ça, il savait qu’il n’aurait pas dû le voir.


Dans le salon, il n’y avait que Sam. Mary avait dit qu’elle montait se mettre en tenue pour la soirée et elle ne semblait pas encore revenue. Le cadet Winchester venait tout juste de rentrer. Il avait un sac sur un bras et tenait un bouquet de roses blanches et de houx dans son autre main.

— Oh, Castiel ! C’est pour maman, tu en pens… Cass ?

— Oui ?

Le chasseur bis le fixait comme s’il soupçonnait une nouvelle possession.

— C’est quoi ce sourire ?

L’ange s’aperçut qu’en effet, ses lèvres étaient étirées. Ses dents mordillaient l’inférieure, une mimique qu’il n’avait pas avant le passage de Lucifer. Lorsque le démon séjournait en lui, ce tic révélait la présence de pensées salaces. Que son corps ait conservé cette habitude le troubla profondément. Il arrêta aussitôt son geste et fronça les sourcils.

— Je ne sais pas trop. J’étais avec Dean et…

— Ah !

Le visage du cadet s’éclaira. L’insistance qu’avait mise son frère à sauver l’ange alors qu’ils étaient en pleine Apocalypse lui avait semblé bizarre, à l’époque, mais il commençait à comprendre…

— Et alors ?

— Il a eu une quinte de toux et m’a viré de la pièce.

Là-dessus, il retourna au sapin.

— Au fait, les fleurs sont très jolies, ajouta-t-il au passage. Elles plairont beaucoup à Mary.

Sam fit la moue. Il ne s’agissait peut-être pas de ce qu’il s’imaginait, alors. Il rejoignit la cuisine voir comment s’en sortait son aîné en marmonnant en « Merci ».


S’arrêtant à deux mètres de l’arbre, Castiel contempla son œuvre. Il manquait quelque chose. Pris d’une inspiration, il farfouilla dans le carton de décoration et en sortit une petite babiole. Il ne restait plus qu’à enfoncer doucement l’ange de Noël au sommet du conifère.




***



Merci d’avoir lu cette petite fanfic ! J’espère qu’elle vous a fait passer un bon moment.


Si elle vous a plu, vous pourrez retrouver une autre histoire d’amour au masculin d’ici quelques jours. Je publie une petite Romance à l’occasion des fêtes de fin d’année. Elle sortira le 15décembre (si tout se passe bien) et s’appelle Un cœur d’angepour Noël.


Pour toutes les infos concernant mes romances (yaoi ou pas), ma page Facebook :

http://www.facebook.com/Vanessa-Terral-Côté-Romance-1850878468476001


Passez de super fêtes ! Que Noël vous apporte le meilleur !




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