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Le Calendrier de l'Avent 2017 c'est par ici !!

24 Décembre

Ce cadeau vous est offert par Beth Carlington.


CADEAU 1
Merry Christmas
Partie 2




Finalement, si ce n’était durant le dîner où, assis en face de lui, Colin ne cessait de le regarder, cela ne se passait pas trop mal. Dany avait réussi à esquiver le physiothérapeute et faisait contre fortune bon cœur avec les papillons qui voletaient dans son estomac et qui l’empêchait d’apprécier le dîner que sa mère avait préparé.
– Dany !
Le jeune homme leva les yeux aux plafonds et soupira lourdement. Il était bien là, pelotonné sur le fauteuil près de la cheminée, il profitait de ces quelques instants de répit : Colin venait de sortir de la pièce. Il soufflait enfin. Son cœur reprenait enfin un rythme normal et ses joues arrêtaient de le brûler dès que leurs regards se croisaient.
– Dany !! insista Betty. Viens m’aider !
Exaspéré, Dany soupira puis se leva.
– T’es chiante quand même, lui souffla-t-il en arrivant à ses côtés.
– Mais oui ! Lui sourit-elle avant de l’entraîner vers la cuisine.
Là, elle lui colla un plateau couvert de petits gâteaux à la cannelle.
– Amènes ça, j’arrive avec une autre tournée de lait de poule.
Dany leva la main gauche pour attraper le plateau mais figea son mouvement avant de laisser retomber son bras et de prendre le plateau de la main droite. Son hésitation ne passa pas inaperçue aux yeux de Betty et le regard de cette dernière s’attrista.
– Dany…, tu…
– Ça va Betty, lui sourit Dany, ça va aller, t’inquiète pas.
Il s’en voulut d’inquiéter sa petite sœur le soir de Noël. Il l’avait bien assez fait durant toute l’année.
Muni de son plateau, il sortit de la cuisine et manqua de le renverser en tombant nez à nez avec Colin. Le cœur de Dany fit une embardée. Tout le dîner, il avait évité son regard, grignotant à peine tant son estomac était contracté. Face à lui, Dany ne se reconnaissait plus.
– Un peu d’aide ? Demanda le physiothérapeute, en désignant le plateau d’un mouvement du menton.
Un sourire crispé étira brièvement les lèvres de Dany.
– Non, ça va aller.
Il fit un pas pour esquiver le grand blond lorsque Betty s’exclama.
– Hey ! Vous êtes sous le gui !
Un gouffre sembla s’ouvrit sous les pieds de Dany alors qu’il levait les yeux vers le plafond. Oh non ! Pas le coup du gui ! C’était tellement ridicule et mielleux qu’il n’avait même pas fait attention que cette année ses parents en avaient mis un.
Le plateau disparut de ses mains et son attention fut de retour sur Colin. Ce dernier le regardait avec un air drôlement sérieux qui mit Dany mal à l’aise. Il y avait autre chose dans son regard, un rien plus sombre et le jeune homme retint un soupir de détresse. Évidemment que le thérapeute n’avait pas envie de l’embrasser ! Encore moins devant tout le monde.
Il ferma les yeux. Autant que cela soit rapide et qu’on en parle plus.
Une main se posa doucement sur sa nuque et une paire de lèvres chaudes se posa sur les siennes. Le cœur de Dany sembla exploser dans sa poitrine et sa respiration accéléra. Encore une seconde et il ferait une syncope. Puis les lèvres disparurent et le jeune homme se retint de les suivre. Il en voulait encore, plus, qu’elles s’ouvrent et le laisser entrer, il voulait sentir le corps de Colin contre le sien, il voulait…
Dany se sentit mal. Le désir fulgurant qui lui traversait le corps l’affola et sans un regard pour Colin, il passa à ses côtés et monta quatre à quatre les marches de l’escalier qui menait à l’étage. Ses joues étaient en feu et ses yeux s’embuaient de larmes amères. Il se serait bien passé de tomber amoureux. Comme s’il n’avait pas d’autres choses à gérer ! Non, il fallait qu’il tombe amoureux d’un type qui n’avait qu’un intérêt purement professionnel pour lui ! Pourquoi ce soir ? Pourquoi alors qu’il… Lorsqu’il entra dans sa chambre d’enfant et qu’il se laissa choir sur le bord du lit, les larmes roulèrent sur ses joues et toute la frustration, la colère et la honte qu’il accumulait depuis son réveil du coma s’échappa.
Dans le couloir, hébété par cette réaction inattendue, Colin regardait l’escalier sans réellement le voir. Était-ce des larmes qu’il avait vu dans le beau regard gris de Dany ?
Faith apparut à ses côtés.
– Tu devrais monter.
Colin secoua la tête.
– Je crois que vous vous êtes trompé sur toute la ligne, souffla-t-il, le cœur en miette.
Jamais encore il ne s’était fait jeter ainsi. En tout cas pas depuis que l’adolescence avait transformé le petit garçon malingre qu’il était en bel homme, sûr de lui. Mais jamais encore il n’était tombé amoureux. Colin était de ces hommes qui rêvent à la femme idéale et qui ne se permettent que de brefs flirts en attendant. Sa rencontre avec Dany avait été une révélation : cet homme, revenu de la mort, avait bouleversé sa vie et son cœur. C’était un battant et Colin avait suivi pas à pas son retour à la vie avec une admiration sans borne. Jamais encore aucun de ses patients ne lui avait fait cette impression et quand le désir s’en était mêlé, il avait compris.
Aussi il avait pris la décision d’arrêter d’être son thérapeute. Les sentiments qui lui vouait et les réactions indésirables de son corps en sa présence rendaient les choses trop difficiles, trop compliquées. Il avait fait une croix sur Dany : quelles étaient les chances pour qu’ils se croisent à nouveau un jour ?
La chance lui avait alors souri et il s’était fié à son instinct : durant la convalescence de Dany, Faith était devenue amie avec sa petite sœur de ce dernier et lorsqu’elle les avait invités pour le réveillon, il avait dit oui. C’était une occasion inattendue et unique de reprendre contact avec Dany et de voir si une histoire entre eux était possible.
Sa chance l’avait visiblement abandonné.
Faith soupira fort et le poussa brutalement vers les escaliers.
– Monte bon sang ! Arrête de faire ta mijaurée ! Sois un homme, dis-lui ce que tu ressens et après seulement tu pourras déprimer dans ton coin s’il te jette !
Colin jeta un coup d’œil à sa sœur par-dessus son épaule, surpris. Depuis la mort de leurs parents, elle s’était renfermée et cela devait être son monologue le plus long depuis.
– Ch’suis d’accord avec Faich’, parvint à dire Betty, la bouche pleine d’un biscuit à la cannelle. Derrière elle, sa famille hochait vigoureusement la tête. Colin rougit brusquement devant cet auditoire qu’il avait complètement oublié depuis qu’il avait posé ses lèvres sur celles de Dany. La gêne lui échauffa les oreilles, le poussant à grimper au premier étage, tout autant pour échapper à leur regard complice que pour retrouver Dany. Il n’eut pas à le chercher. De piteux gémissements se faisaient entendre et le conduisirent à la seconde porte sur sa droite.
Des coups frappés à la porte sortirent Dany de sa crise existentielle.
– Va-t’en Betty ! Laisse-moi, j’ai besoin d’être un peu seul, parvint-il à dire sans que sa voix ne le trahisse.
Il y eut un silence puis la porte s’ouvrit. En voyant Colin entrer, Dany craqua. Assis au sol, le dos contre son lit, il rit, hystérique. Il rit si fort de honte, d’humiliation, de frustration !
– Dany…, soupira Colin, conscient qu’il n’était pas étranger à son état.
– Oh pitié…, parvint à dire Dany entre deux hoquets, sors, va-t’en.
Il n’osait même pas le regarder en face. Le visage caché derrière son bras, Dany ne s’était jamais senti aussi mal. Pas même lorsqu’il s’était rendu compte qui lui manquait un bras, pas même quand il avait découvert les cicatrices qui défiguraient son corps, ni même lorsqu’il était allé au groupe de soutien psychologique et qu’il avait découvert d’autres amputés qui n’avait pas la chance d’avoir une prothèse nanocybernétique ultra perfectionné qui s’en sortait mieux que lui. De quel droit, avait-il alors songé, pouvait-il se plaindre alors que sa vie finalement n’avait pas tant changé que ça ?
La porte se referma et il lâcha un soupir tremblant. Seul, il était à nouveau seul pour s’apitoyer sur son sort. De ça aussi il en avait honte, mais… cela lui ferait du bien. Après… Après ça irait mieux, même s’il avait gâché le Noël de tout le monde. Il savait bien que ce n’était une bonne idée de venir.
D’un revers de manche, il essuya ses joues humides et tomba nez à nez avec Colin, à genoux devant lui.
– Qu’est-ce que… ?
Son cœur battait trop fort pour qu’il n’arrive à aligner une phrase complète et cohérente. Ne pouvait-il pas le laisser seul avec sa misère ?
– Je suis désolé, dit alors Colin, levant la main et la posant sur la joue humide.
Du pouce, il essuya les larmes, son regard plongé dans le sien. Dany était confus. Désolé ? Pourquoi ? Il n’y pouvait rien s’il était tombé amoureux et que cela le perturbait au point de faire remonter tous ces sentiments négatifs qu’il s’évertuait à enterrer au plus profond de son âme depuis des mois !
– Désolé ?
Une certaine détresse passa dans les yeux bleus puis Colin les ferma, prit une grande inspiration. Lorsqu’il rouvrit les paupières, son regard était déterminé.
– Je n’aurais pas dû t’imposer ma présence. Je savais que cela réveillerait de mauvais souvenirs, mais…
Colin s’arrêta, semblant chercher ses mots, sans jamais que son regard ne vacille.
– Je… Je voulais te revoir.
Dany l’observait, les sourcils froncés. Il ne comprenait pas où il voulait en venir. Un fol espoir naquit soudain dans sa poitrine, balayant le désespoir qui l’écrasait quelques instants plus tôt et son cœur se remit à battre à cent à l’heure.
– Pourquoi ?
Un doux sourire illumina alors le visage de Colin, ce même sourire qui avait tant aidé Dany à ne pas sombrer durant les premiers mois de sa convalescence, ce même sourire qui avait fait naître une douce chaleur dans son ventre après seulement quelques semaines. Ce même sourire qui l’avait déboussolé lorsqu’il avait disparu de son paysage et au souvenir duquel Dany s’était accroché comme à une bouée pour ne pas plonger dans la dépression. Ce même sourire qui, à peine une heure plus tôt l’empêchait de manger son ventre plein des papillons qu’il y faisait naître.
Les joues du physiothérapeute se parèrent d’un joli rouge qui ressortait vivement sur la peau blanche.
– Parce que…, hésita Colin, parce que je t’aime.
Le monde s’arrêta brusquement de tourner pour Dany. Il voyait bien les lèvres de Colin continuer de bouger, mais il n’entendait plus rien. Il venait bien de dire qu’il l’aimait ? Il ne l’avait pas rêvé, n’est-ce pas ?
Lorsque le monde reprit son court, il se sentit mal. Son cœur battait trop fort, ses poumons avaient du mal à se remplir, il avait trop chaud et pourtant il tremblait.
– Dany ?
– Je…
– Tu vas bien ?
– Je…
C’était trop. L’ascenseur émotionnel avait été trop violent et la crise de panique menaçait malgré l’euphorie qui semblait avoir déconnecté son cerveau.
Deux bras l’entourèrent brusquement et il fut projeté contre une poitrine puissante. Une main caressa lentement son dos et une autre massait son cuir chevelu. La respiration haletante, Dany essaya de focaliser son esprit sur ces deux gestes pour se calmer. Les mouvements doux et réguliers l’aidèrent à juguler la crise de panique et en quelques minutes il ne restait plus que la chaleur qui lui traversait les tripes à la simple idée d’être dans les bras de Colin. Un soupir tremblant lui échappa.
Au grand regret de Dany, les mains s’arrêtèrent.
– Ça passe ? Demanda Colin, une note chaude dans la voix qui n’échappa pas à Dany.
– Ouais, merci, répondit-il sans lever le nez, le font toujours contre l’épaule du physiothérapeute.
Ses mains se posèrent sur le haut de ses bras et le repoussèrent. Le visage de Colin trahissait une certaine amertume.
– Ne me remercie pas, je n’aurais pas du… Je… Je vais y aller.
Un instant confus, Dany le regardait se remettre sur ses pieds sans comprendre. Partir ? Mais pourquoi voulait-il partir ? N’allait-il pas attendre qu’il réponde à sa déclaration ?
– Colin, souffla-t-il, avant que le physiothérapeute n’ouvre la porte. Pourquoi as-tu arrêté les séances de rééducation ?
Cette question qui le minait depuis des mois lui avait échappé.
Il vit alors ses épaules se tendre et la main qui s’était levée pour actionner la poignée de la porte retomba.
– Difficile de faire du bon travail lorsque la seule chose que tu as à l’esprit est de prendre ton patient dans les bras et de lui faire l’amour jusqu’à lui faire oublier le monde autour de lui. Et puis… J’ai fini par me rendre compte que tu étais mal à l’aise avec moi. Cela a suffit à me décider.
L’honnêteté et la franchise presque brutale de Colin était terrifiante. Dany n’était pas un lâche, loin de là, son bras manquant le prouvait, mais le cœur était tellement plus fragile aussi. Néanmoins il prit son courage à deux mains et se leva. Il avait toujours cette boule au ventre et la gorge nouée malgré l’assurance que ses sentiments étaient partagés.
La distance ridicule qui le séparait de Colin lui parut une épreuve à surmonter et son souffle déjà accélérait lorsqu’il posa son front contre son dos. Il déglutit difficilement.
– J’étais mal à l’aise, c’est vrai, murmura-t-il, je… je… — Oh Dieu que c’était difficile à dire ! — il fallait que je me contrôle, je ne voulais pas que tu voies que j’avais envie de toi.
Le corps de Colin se détendit brusquement et Dany bascula en avant lorsqu’il se retourna. Le jeune homme n’avait anticipé une réaction si vive de la part du physiothérapeute et n’avait pas eu le temps de se redresser.
Colin le rattrapa aussitôt et le serra avec force contre lui, le nez contre son cou.
– J’ai l’impression d’être un ado, souffla-t-il avant de glisser ses bras sous les fesses de Dany et de le hisser dans ses bras.
Dany découvrit alors un sourire radieux sur le visage de Colin, comme s’il s’était illuminé de l’intérieur. Dieu qu’il était beau ! Plus encore que quelques instants auparavant et il ne put se retenir plus longtemps. Pris par le tourbillon furieux qui lui agitait l’esprit et le ventre, Dany en oublia jusqu’à sa prothèse qui le dégoûtait tant et posa les mains sur ses joues, et sa bouche sur la sienne. Une brève seconde ils restèrent ainsi, se goûtant du bout des lèvres et l’instant d’après, Dany était plaqué contre la porte, le corps de Colin pressé contre le sien, leurs bouches unies dans un combat qui n’aurait aucun perdant.
Tout contre cette porte, Colin lui dévora la bouche, le cœur et l’âme. Dany oublia tout : son mal-être, son corps amputé, cette prothèse honnie, son accident. Il ne lui restait que ce feu brûlant qui parcourait ses veines et qui ranimait en lui l’homme qu’il avait été.
Lorsque un gémissement résonna, Colin se recula légèrement.
– Je t’aime, murmura-t-il encore, à bout de souffle.
Dany sourit devant les joues rouges, les cheveux blonds décoiffés et les yeux bleus pétillants.
– Moi aussi, avoua-t-il enfin, moi aussi je suis tombé amoureux.
Colin gloussa.
– On est con.
Dany pouffa aussi. On aurait dit deux adolescents qui découvraient les joies et les affres du premier amour.
– Oui, complètement.
Bêtement heureux, ils se regardèrent tendrement, appréciant le simple fait d’être ensemble.
Un cri de bébé dans les entrailles de la maison brisa leur petite bulle et leur rappela qu’il y avait foule en bas.
– On devrait peut-être redescendre ? Dit Colin, se mordant la lèvre, pas très convaincu.
– On a pas trop le choix, ils vont nous attendre pour ouvrir les cadeaux.
Colin hocha la tête et se recula, juste assez pour laisser Dany reprendre pied au sol.
– Allons-y alors, acquiesça Colin, après un bref baiser sur les lèvres de son ancien patient.
– Ouais…
Dany n’était pas sûr que cela soit une bonne idée, mais Betty ne se gênerait probablement pas pour venir les chercher s’ils restaient absents trop longtemps.
Après s’être brièvement recoiffés et rhabillés correctement, les deux hommes sortirent de la pièce et descendirent au rez-de-chaussée. Au bas de l’escalier, Colin noua les doigts aux siens et Dany sentit ses joues le brûler alors qu’il le tirait au salon où sa famille l’attendait. Ils furent accueillis par un retentissant « Joyeux Noël ! ».
Il sembla à Dany qu’il se décomposait de gêne sous les regards complices des membres de sa famille, mais oui, il était d’accord avec eux, c’était un sacré joyeux Noël !

Ce cadeau vous est offert par Shiroitora-lili.


CADEAU 2


Ces personnages m’appartiennent. Personnages de ma fiction : Comprendre, accepter, aimer.

J’ai réalisé ce dessin grâce à une base de saroona97 trouvée sur DeviantArt : https://www.deviantart.com/art/BASE-TYPE-THINGY-3-your-neck-looks-yummy-274811058

Vous pouvez me retrouver sur : http://forumyaoifictions.forumactif.org http://yaoifictions.e-monsite.com (ce dessin y sera publié après le calendrier de l’avent)



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